Dès son accession au pouvoir, le président Félix-Antoine Tshisekedi Tshilombo a fait de la diplomatie, l’un de ses chevaux de bataille. A l’aube d’une campagne électorale ardue, le président de la République a entamé son premier périple en qualité de chef d’Etat par une tournée sous-régionale, qui sera consacrée par son élection à la deuxième vice-présidence de l’Union africaine.
A l’occasion de la présentation de son programme d’urgence de 100 jours, le chef de l’Etat a placé la diplomatie au rang des sept domaines sectoriels en accompagnement des autres domaines prioritaires.

Dans ce programme, le chef de l’Etat prône une politique étrangère basée sur le développement et le respect de la souveraineté nationale de la République démocratique du Congo, à travers une coopération devant promouvoir les relations de bon voisinage et des partenariats gagnant-gagnant. Voici les 5 grandes actions découlant de cette vision :

1. Lutte contre l’insécurité
Après une rencontre en marge du 32è sommet de l’Union africaine à Addis-Abeba, le président Félix Tshisekedi a effectué une visite d’Etat en Ouganda.

Au cours des entretiens avec son homologue, S.E. Yoweri Kaguta Museveni, il a été question du renforcement de la coopération économique, mais surtout, de l’éradication des forces négatives des ADF, qui sévissent dans la partie Nord-est de la République démocratique du Congo.

Les deux chefs d’Etat sont tombés d’accord sur le fait que la mutualisation des efforts permettra de venir à bout des forces négatives, dont l’activisme plombe le dynamisme économique et la quiétude des citoyens des deux côtés de la frontière.

2. Intégration régionale
La démographie du Congo ainsi que son positionnement à cheval entre l’Afrique australe, centrale et de l’est, représentent des opportunités économiques qui ne demandent qu’à être exploitées. C’est à ce titre que le chef de l’Etat a, lors d’un séjour au Kenya, officiellement exprimé devant son homologue S.E. Uhuru Kenyatta, la volonté de la République démocratique du Congo d’adhérer à l’East African Community, une entité sous-régionale regroupant la Tanzanie, le Burundi, le Rwanda, l’Ouganda et le Kenya.

Une telle perspective permettrait aux Congolais de s’affranchir de plusieurs procédures administratives comme l’obtention de visas vers les pays membre, la libre circulation des biens et des facilités douanières.

3. Investissements
La participation au septième Africa CEO Forum de Kigali au Rwanda, a été une opportunité pour le président de la République de donner le ton, quant à sa volonté d’améliorer le climat des affaires à travers une série d’actions incitatives pour les investisseurs aussi bien étrangers que nationaux.

Devant un parterre d’invités représentant la haute finance et des entrepreneurs de haut rang, la République démocratique du Congo a su faire valoir son potentiel et ses atouts. Là aussi, la problématique de la sécurité, gage de l’essor économique a été mise en exergue comme préalable et c’est dans la même optique que le Rwanda a, à travers son président, S.E. Paul Kagame, plaidé pour une mutualisation des ressources pour y mettre fin et faire fonctionner l’intégration régionale.

4. USA – RDC : un rapprochement historique
Il faudra remonter aux heures de gloire de l’ex-Zaïre pour voir un tel renforcement des liens entre la République démocratique du Congo et les Etats-Unis d’Amérique. Depuis la chute du mur de Berlin et le retour du multipartisme au début des années 90, les relations entre les deux pays ont commencé à se détériorer.

L’accession de Félix Tshisekedi à la magistrature suprême a changé la donne. En deux mois, deux hauts responsables ont foulé la terre congolaise (Peter Pham, envoyé spécial pour la région des grands lacs et Tibor Naguy, sous-secrétaire d’Etat aux affaires africaines).

Des visites qui ont abouti à un séjour de travail du chef de l’Etat, qui a séjourné du 3 au 5 avril aux Etats-Unis.

Après avoir été reçu par le chef de la diplomatie Mike Pompeo, le président de la République a eu des entretiens avec d’autres éminentes personnalités du gouvernement, du Sénat et du monde des affaires.

L’on retiendra notamment la relance de la coopération avec le Fonds Monétaire international interrompue en 2015, celle à la chambre de Commerce des Etats-Unis, ainsi qu’aux secrétariats de l’énergie, de la santé et une rencontre avec le conseiller à la sécurité nationale du président des Etats-Unis, John Bolton.

Le chef de l’Etat a demandé l’assistance des Etats-Unis pour éradiquer la menace des ADF, dont les liens avec l’Etat islamique et d’autres groupes islamistes ont été établis.

 

5. RDC-Union européenne : la détente
Les relations auparavant tendues entre l’Union européenne et la République démocratique du Congo n’appartiennent plus qu’au passé. Gage de sa volonté d’ouverture, le chef de l’Etat a permis la réouverture de la Maison Schengen, délivrant des visas courts séjours pour les Congolais dans l’espace Schengen. A cela s’ajoute, une normalisation des relations avec différents pays membres comme la Belgique.

Des perspectives motivantes qui ont suscité l’optimisme de plusieurs chefs de mission en poste à Kinshasa dont S.E. Robert Schudebboom, Ambassadeur du Royaume des Pays-Bas, pour qui ces avancées ainsi que celles dans d’autres domaines favoriseront l’arrivée des investisseurs en RDC.