La République démocratique du Congo a demandé à rejoindre la Communauté de l’Afrique de l’Est (EAC) afin de potentiellement élargir les frontières de ce bloc commercial jusqu’à la côte atlantique de l’Afrique.
Cette demande intervient après plusieurs mois de pourparlers entre le président de la RDC, Felix Tshisekedi, et le président du Rwanda, Paul Kagame, président de la Communauté de l’Afrique de l’Est.
Des sources proches des pourparlers diplomatiques qui ont précédé la demande officielle indiquent, que la plupart des États membres de l’EAC sont enthousiastes à l’égard de l’adhésion de la RDC.

La RDC a officiellement annoncé son intention de rejoindre la CAE dans une lettre datée du 8 juin adressée au président Kagame. Kinshasa a indiqué que sa volonté de rejoindre le bloc était dans le but du renforcement de ses relations commerciales avec la région.
En réponse, le président Kagame a demandé au secrétariat de la CAE de soumettre la demande de la République démocratique du Congo à la discussion, lors du prochain sommet des chefs d’État, en novembre. Si les conditions d’admission sont remplies, les membres voteront pour son admission.

Une nouvelle donne
L’adhésion potentielle de ce pays d’Afrique centrale est considérée comme un facteur décisif, compte tenu de la richesse de ses ressources naturelles et de son immense marché de consommateurs de 81 millions de personnes.
C’est le premier producteur mondial de cobalt, l’un des principaux composants de la fabrication de batteries rechargeables pour véhicules électriques, et le principal producteur de cuivre d’Afrique.

C’est également un important producteur d’or, de diamants, d’uranium, de coltan, de pétrole et d’autres métaux précieux, ce qui en fait l’un des pays les plus riches en ressources au monde.
La République démocratique du Congo abrite également le deuxième plus long fleuve du monde, le Congo, de vastes étendues de sol fertile, ce qui en fait potentiellement l’un des plus grands producteurs agricoles du monde.

L’adhésion de la République démocratique du Congo à la CAE, si elle est accélérée et pleinement intégrée au moyen d’infrastructures clés, laisse également présager un pilier opportun, non seulement pour la région, mais également pour la plus grande zone de libre-échange continentale de l’Afrique.
«L’affiliation en République démocratique du Congo offre la possibilité d’ouvrir un vaste corridor de commerce et de communication en plein centre de l’Afrique, de l’océan Indien à l’océan Atlantique», a déclaré Jeremiah Owiti, analyste politique basé à Nairobi.

Depuis son entrée en fonction en janvier, le président Tshisekedi a manifesté un vif intérêt pour la CAE et a rendu visite à cinq États membres – le Burundi, le Kenya, le Rwanda, l’Ouganda et la Tanzanie. Il a même joué un rôle de médiateur dans le différend entre le Rwanda et l’Ouganda.

Marché
Mme Patience Mutesi, directrice nationale du Rwanda for TradeMark East Africa, a accueilli avec satisfaction la demande de la République démocratique du Congo, déclarant qu’un marché plus étendu de la CAE offrait plus d’opportunités aux commerçants et aux consommateurs.
La RD Congo offre un marché presque deux fois plus petit que l’ensemble de la CAE et cherchera également à exporter dans la région.
Les données du ministère du Commerce ougandais indiquent que le pays a exporté pour 398 millions de dollars de marchandises vers la RD Congo en 2018 et envisage de porter ce volume à 2 milliards de dollars d’ici 2020.

Article traduit de l’anglais du Daily Monitor of Uganda : https://www.monitor.co.ug/News/World/How-DR-Congo-entry-into-EAC-will-change-bloc/688340-5163536-100ygo3z/index.html